« À consommer jusqu’au » : ce que cette date signifie vraiment pour votre santé et vos poubelles
Mis à jour le 21/07/2026 par Clémence Perreau
La mention « à consommer jusqu’au » figure sur des millions d’emballages alimentaires, et pourtant elle est souvent confondue avec d’autres dates, jetée avec le produit sans vraiment être lue, ou au contraire ignorée un peu trop légèrement. En France, le gaspillage alimentaire représente environ 10 millions de tonnes par an selon l’ADEME — et une grande partie prend sa source dans la mécompréhension de ces inscriptions. Comprendre ce que cette date signifie vraiment, c’est à la fois protéger sa santé et faire un geste concret pour la planète.

Qu’est-ce que la date « à consommer jusqu’au » ?
La mention « à consommer jusqu’au » désigne la Date Limite de Consommation, ou DLC : une date de sécurité sanitaire obligatoire, fixée par le fabricant et encadrée par la réglementation européenne, au-delà de laquelle un produit alimentaire ne doit pas être consommé.
Cette date s’applique aux denrées périssables microbiologiquement : viandes fraîches, poissons, produits laitiers frais (yaourts, fromages frais), charcuteries, plats cuisinés réfrigérés, certaines salades en sachet. Ce sont des aliments qui, après la date indiquée, peuvent devenir dangereux pour la santé — pas seulement moins bons, mais réellement à risque de provoquer une intoxication alimentaire.
La DLC est encadrée par le règlement européen (UE) n°1169/2011 relatif à l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires. Ce règlement impose aux fabricants de déterminer scientifiquement la durée de vie de leurs produits avant de fixer cette date. Elle n’est pas choisie au hasard, ni de façon conservatrice à outrance : elle résulte de tests microbiologiques réels.
La formulation exacte en France : « À consommer jusqu’au [jour/mois/année] » ou « À cons. juqu’au » sur les petits emballages. Dans d’autres pays de l’UE, on trouve l’équivalent « use by » en anglais, « verbrauchen bis » en allemand, « consumir antes de » en espagnol.
Le geste concret — cette semaine : Prenez cinq minutes pour inspecter votre réfrigérateur. Organisez les produits avec DLC en avant (les plus proches de leur date devant), et planifiez un repas pour les utiliser en priorité. C’est la méthode FIFO (First In, First Out) que j’applique chez moi depuis trois ans — et elle a divisé mon gaspillage par deux.
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Quelle différence avec « à consommer de préférence avant le » ?

La confusion entre ces deux mentions est la source numéro un de gaspillage alimentaire à la maison — et je l’ai moi-même faite pendant des années dans ma période grande conso.
La réponse directe : « À consommer de préférence avant le » (anciennement DLUO, désormais appelée DDM — Date de Durabilité Minimale) est une date de qualité, pas de sécurité. Au-delà de cette date, un produit peut perdre en saveur, en texture ou en couleur, mais il ne devient pas dangereux.
Voici un tableau comparatif pour ne plus jamais confondre les deux :
| Mention | Sigle | Signification | Peut-on consommer après ? | Exemples de produits |
|---|---|---|---|---|
| À consommer jusqu’au | DLC | Date limite de sécurité sanitaire | Non — risque sanitaire réel | Viande fraîche, poisson, yaourt, charcuterie |
| À consommer de préférence avant le | DDM | Date limite de qualité optimale | Oui — dans la plupart des cas | Pâtes, riz, conserves, café, miel, biscuits |
| À utiliser avant le | — | Spécifique aux œufs et certains produits | Selon le produit | Œufs frais |
Cette distinction a des conséquences pratiques importantes. Les grandes surfaces ne peuvent légalement pas vendre un produit dont la DLC est dépassée. En revanche, elles peuvent continuer à vendre un produit dont la DDM est passée (avec parfois une réduction de prix). Les épiceries anti-gaspi et les applications comme Too Good To Go s’appuient souvent sur les DDM dépassées — jamais sur les DLC.
Le vrai du faux — idée reçue : “Si ça ne sent pas mauvais, c’est encore bon.”
FAUX pour les produits avec DLC. Certaines bactéries pathogènes — comme la Listeria monocytogenes dans les fromages à pâte molle ou les charcuteries — ne modifient ni l’odeur, ni l’aspect, ni le goût du produit. L’absence de signal sensoriel ne garantit rien. C’est précisément pour ça que la DLC existe.
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Que risque-t-on vraiment en dépassant la date « à consommer jusqu’au » ?
En dépassant la DLC, on s’expose à un risque réel d’intoxication alimentaire, dont la gravité dépend du produit, de l’état de conservation, et de la vulnérabilité de la personne qui consomme.
Les agents pathogènes les plus fréquemment impliqués dans les dépassements de DLC sont :
- Listeria monocytogenes : présente dans les charcuteries, fromages à pâte molle, produits fumés. Particulièrement dangereuse pour les femmes enceintes, les personnes immunodéprimées et les personnes âgées. La listériose peut être mortelle dans certains cas.
- Salmonella : viandes de volaille, œufs, certains produits laitiers non pasteurisés.
- Campylobacter : principale cause de gastroentérite bactérienne en France selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES), souvent liée à la volaille fraîche.
- Staphylococcus aureus : plats cuisinés, crèmes pâtissières.
L’ANSES recommande formellement de ne jamais consommer un produit dont la DLC est dépassée, même d’un seul jour, même si le produit semble intact. Ce n’est pas de l’alarmisme : c’est la différence fondamentale entre DLC et DDM.
Cas particulier : les produits congelés. Si vous avez congelé un produit avant sa DLC, la congélation stoppe la multiplication bactérienne. Le produit peut se conserver plusieurs semaines ou mois supplémentaires au congélateur — à condition qu’il ait été congelé en bon état et que la chaîne du froid n’ait jamais été rompue.
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Comment lire et interpréter les étiquettes alimentaires ?

Lire une étiquette alimentaire correctement, c’est une compétence qui s’acquiert — et qui peut vraiment changer vos habitudes. La première phrase à retenir : cherchez d’abord si c’est une DLC ou une DDM, car les implications sont radicalement différentes.
Quelques repères pratiques :
- La DLC commence toujours par « À consommer jusqu’au » suivi d’un jour précis (jour/mois, ou jour/mois/année).
- La DDM commence par « À consommer de préférence avant le » ou « À consommer de préférence avant fin » (suivi d’un mois/année, sans le jour).
- Sur les très petits emballages, les abréviations sont autorisées : « Cons. juqu’au » pour la DLC.
Ce que la réglementation impose en plus de la date :
- Les conditions de conservation doivent figurer sur l’emballage (ex. : « À conserver entre 0 et 4 °C »).
- Pour les produits nécessitant une conservation au réfrigérateur après ouverture, une mention type « À consommer dans les X jours après ouverture » doit être présente — cette durée commence à courir dès l’ouverture, indépendamment de la DLC initiale.
Quand j’ai commencé à vraiment lire les étiquettes — pas juste les dates, mais aussi les conditions de conservation — j’ai réalisé que je rangeais mal plusieurs produits. Les œufs, par exemple, se conservent mieux à température ambiante stable qu’avec les variations de la porte du réfrigérateur. Ce type de détail fait une vraie différence.
Pour aller plus loin sur la lecture des étiquettes et le décodage des additifs, vous trouverez des ressources pratiques dans notre guide complet de l’étiquetage alimentaire sur ecolomind.fr.
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Pourquoi ces dates sont liées au gaspillage alimentaire ?
La mauvaise compréhension des dates de péremption est l’une des causes majeures du gaspillage alimentaire domestique — mais ce n’est pas la seule, et il serait trop simple d’en faire l’unique responsable.
En France, selon les données de l’ADEME, chaque Français jette en moyenne entre 20 et 30 kg de nourriture par an, dont une partie significative est composée d’aliments encore consommables. Une étude de l’ADEME sur le gaspillage alimentaire indique que les fruits et légumes, le pain, et les restes de repas représentent la majorité des pertes — des produits qui ont souvent une DLC ou une DDM mal interprétée.
Ce qui se joue autour de la DLC :
- Les consommateurs jettent parfois des produits dont la DDM (et non la DLC) est dépassée, par confusion entre les deux mentions.
- La distribution impose aux producteurs des dates souvent conservatrices, pour limiter les réclamations et les retours.
- La peur de “tomber malade” pousse à jeter par précaution, y compris des produits encore sûrs.
Ce qui ne peut pas se négocier :
- Un produit avec DLC dépassée doit être jeté. Ici, la précaution est légitime.
- En revanche, des pâtes, du riz, du café ou des conserves avec DDM dépassée de quelques semaines peuvent tout à fait être consommés. Le goût peut être légèrement altéré, mais le risque sanitaire est quasi nul.
La distinction DLC/DDM est donc un levier direct contre le gaspillage : si vous apprenez à ne jeter que ce qui relève vraiment d’une DLC dépassée, et à consommer les produits DDM un peu au-delà de leur date, vous réduisez vos pertes alimentaires sans vous exposer à un risque sanitaire.
Notre article sur les habitudes alimentaires zéro déchet sur ecolomind.fr développe ces stratégies pour l’ensemble du placard et du réfrigérateur.
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Comment conserver ses aliments pour aller jusqu’à la limite « à consommer jusqu’au » sans gaspiller ?
La bonne conservation est la meilleure alliée de la DLC : respecter la chaîne du froid et les conditions de stockage permet de garantir que le produit reste sûr jusqu’à la date indiquée — ni avant, ni après.
Les règles fondamentales :
- Température du réfrigérateur : maintenez-la entre 0 et 4 °C dans la zone la plus froide (généralement le bas du réfrigérateur, juste au-dessus du bac à légumes). C’est là que rangent les viandes, poissons et charcuteries.
- Ne jamais recongeler un produit décongelé : la décongélation au réfrigérateur est la méthode la plus sûre. Décongeler à température ambiante puis recongeler multiplie les risques bactériens.
- Respecter la durée après ouverture : même si la DLC n’est pas encore atteinte, une fois ouvert, un produit se dégrade plus vite. La mention « à consommer dans les X jours après ouverture » prévaut.
- Congeler avant la DLC : si vous savez que vous n’allez pas consommer un produit avant sa DLC, congelez-le au moins 24 heures avant la date limite — jamais après.
Mon organisation concrète à la maison :
Depuis que j’ai adopté le principe FIFO (First In, First Out) et que je date systématiquement les restes au marqueur sur du film alimentaire, j’ai quasiment éliminé les “découvertes” de fond de frigo. Une fois par semaine, le dimanche soir, je fais un tour rapide et je planifie les repas du lundi et mardi en priorité sur les produits les plus proches de leur DLC. Simple, mais redoutablement efficace.
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Questions fréquentes
Q : Peut-on vendre un produit dont la date « à consommer jusqu’au » est dépassée ?
R : Non. La réglementation européenne et française interdit formellement la vente de tout produit dont la DLC est dépassée. Les commerçants ont l’obligation de retirer ces produits de la vente avant la date limite.
Q : La date « à consommer jusqu’au » tient-elle compte de l’ouverture de l’emballage ?
R : Non, la DLC est valable pour un produit non ouvert et conservé dans les conditions indiquées. Une fois ouvert, la durée de consommation peut être beaucoup plus courte — vérifiez la mention « à consommer dans les X jours après ouverture » sur l’emballage.
Q : Un produit congelé avant sa DLC est-il consommable indéfiniment ?
R : Non. La congélation suspend la prolifération bactérienne mais ne la stoppe pas définitivement. En pratique, les viandes se conservent 3 à 6 mois au congélateur, les poissons 2 à 3 mois. Au-delà, le produit reste techniquement sûr mais sa qualité se dégrade significativement.
Q : Peut-on donner à des associations des produits dont la DLC est proche ?
R : Oui, c’est même encouragé. Les banques alimentaires et associations agréées peuvent récupérer des produits dont la DLC n’est pas encore dépassée. Certaines acceptent des dons jusqu’à la veille de la date limite. Ne donnez jamais un produit dont la DLC est déjà dépassée.
Q : La date « à consommer jusqu’au » est-elle la même pour tous les pays de l’UE ?
R : La réglementation de base est harmonisée par le règlement européen n°1169/2011, mais les fabricants peuvent fixer des dates différentes selon les pays en fonction des conditions logistiques et climatiques locales. La formulation varie selon la langue, mais le principe reste identique.
Q : Un produit « à consommer jusqu’au » peut-il être consommé le jour même de la date limite ?
R : Oui, la date indiquée est incluse. « À consommer jusqu’au 22 juillet » signifie que le produit peut être consommé jusqu’à la fin de la journée du 22 juillet, à condition qu’il ait été conservé dans les conditions prescrites.
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Clémence Perreau — Rédactrice spécialisée écologie et consommation responsable à Nantes. Ancienne chargée de marketing dans la grande distribution reconvertie en militante du quotidien sobre, elle teste, vérifie et partage sans dogmatisme ce qui marche vraiment pour consommer mieux.
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